Regard d'experts

Les 5 clés de succès d’un business inclusif

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Il est révolu, le temps où l’aide au développement était exclusivement prise en charge par les institutions internationales et les Etats du Nord. En effet, depuis une vingtaine d’années, les entreprises peuvent elles aussi participer à la lutte contre l’exclusion et la pauvreté, tout en maintenant des activités lucratives. Oui, le business inclusif permet bel et bien d’allier rentabilité économique et inclusion sociale. Et quand on sait que 821 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et qu’en parallèle, le nombre de cas d’obésité a presque triplé depuis 1975 (selon la FAO), on se dit qu’il est grand temps que le business inclusif se développe pour lutter contre le fléau de la malnutrition. Sans compter l’urgence de repenser un système alimentaire qui va l’encontre du réchauffement climatique.

Et si un business-model inclusif pouvait germer dans votre entreprise ? Comment en faire un succès en 5 leçons ?

1. Mobiliser des acteurs complémentaires, dans un objectif commun

Pour faire du business inclusif, il faut être volontaire et malin mais surtout, il faut beaucoup d’énergie… et de synergie. Cette énergie, allez la chercher chez des partenaires qui ont la même ambition ! Entreprises sociales ou commerciales, ONG, fondations d’entreprise, communautés locales…, chacune a des expertises et kilowatts d’énergie à apporter à votre business. A condition d’avancer tous dans la même direction bien sûr !

Il est aussi important de veiller à l’équilibre des parties-prenantes, la sur-représentativité de l’une ou l’autre pouvant affecter soit le caractère inclusif du business, soit sa compétitivité. Par exemple, si le modèle d’entreprise est dominé par une ONG, la dimension de la pauvreté peut compromettre la viabilité du modèle. A l’inverse, un modèle dominé par une structure commerciale peut ignorer les préoccupations locales liées à la pauvreté ou à la sécurité alimentaire.

2. Intégrer les populations cibles dès l’amont

Que ce soit elles, leurs représentants, ou des partenaires légitimes capables de porter leur voix, il est capital d’intégrer les populations cibles au moment de définir votre stratégie. Prendre en compte les enjeux et besoins locaux, leurs contraintes culturelles, économiques, géopolitiques ou encore climatiques, est en effet primordial pour imaginer un système adéquat. Une étude terrain approfondie est donc incontournable, et ce avant même de faire émerger votre idée de business.

« Celui qui dit « moi, je sais ! » est plus ignorant que l’ignorant ; il faut toujours savoir apprendre des autres. » (Ostad Elahi).

3. Mutualiser avec l’existant

Inutile de mettre en place une politique sur-interventionniste sans faire intervenir les acteurs locaux et les synergies déjà existantes. Pour un business inclusif réussi, il faut s’intégrer dans la chaîne de valeur existante. Choisir des produits susceptibles d’être commercialisés par de petits exploitants et qui s’alignent sur les priorités du gouvernement. Qui répondent à une demande éprouvée sur le marché ciblé, avec un fort potentiel de développement de la production et de la commercialisation de ces produits et leurs dérivés.

4. Se coordonner avec les acteurs locaux

Nouvel entrant, on n’arrive pas avec ses grands chevaux auprès d’une population vulnérable pour comprendre ses besoins et monter son business. Construire sa légitimité est essentiel. Au-delà de votre légitimité, créer un réseau local de partenaires et distributeurs et/ou des partenariats institutionnels sont des facteurs de succès déterminants.

Les agriculteurs, les piliers

Travailler avec des agriculteurs engagés et regroupés en organisation paysanne, avec une structure de gouvernance opérationnelle, est un gage de succès pour sécuriser les approvisionnements. L’acheteur devra faire preuve de flexibilité dans ses relations avec eux et de régularité dans ses commandes.

Les ONG, les coachs médiateurs

Un paramètre important pour assurer la coordination entre acheteurs et exploitants : l’intervention d’un organisme tiers neutre, une ONG compétente par exemple. Elle peut ainsi agir en tant que médiateur en cas de différents, mais aussi guider l’agriculteur dans ses choix.

Les organismes financiers, les prêteurs

Qu’il s’agisse de formations, de modernisation des outils industriels ou autres infrastructures, de visites d’échanges, etc., les investissements nécessaires au montage d’un business model inclusif nécessitent l’établissement de partenariats avec des partenaires financiers nationaux, adaptés aux modèles d’affaires agricoles locaux. 

La communication, la clé !

Enfin, le flux d’échanges de produits, d’informations et de finances entre le vendeur et l’acheteur nécessite une coordination continue entre eux afin d’éviter tout conflit sur les prix et les volumes, les ventes parallèles, etc. Pour une coordination interentreprises saine et efficace, la communication est essentielle, comme dans tout business ou relation humaine !

5. Penser et agir agile

S’adapter à tous ces enjeux demande de la flexibilité. Gestion décentralisée et méthode agile sont souvent recommandées dans les modèles d’affaires inclusifs pour être efficace !

L’aventure inclusive vous tente ? Entourez-vous d’experts pour imaginer votre business model et contactez notre équipe pour en discuter.

Regardez aussi ce témoignage de l’entreprise Kennemer Foods qui devrait vous encourager dans votre démarche :

Cet article a été rédigé par Ombeline de Pémille, Directrice du Pôle Social. Merci à elle !

Vous voulez en savoir plus sur le sujet ? Ecoutez notre podcast consacré à la nutrition sociale.