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PNNS 4 : quel impact sur vos stratégies marketing & communication ?

Publié le 4 octobre 2019

Regards d'expert

Le PNNS 4 est disponible ! Suite aux recommandations formulées par l’Anses en janvier 2019, le Ministère des Solidarités et de la Santé a publié le rapport qui fixe les objectifs nutritionnels français pour les 4 années à venir (2019 – 2023). Porté par la voie d’Agnès Buzyn, ce rapport aura des conséquences sur vos stratégies nutrition, dans la mesure où les ambitions affichées sont à la fois fermes et ambitieuses. Nous vous disons tout sur ce qu’il va se passer, juste ici ↓.

Le PNNS 4 pour faire face au surpoids et à l’obésité en France

50 % d’adultes en surpoids ou obèsesPNNS_4_Nutrikéo

En France, près de la moitié des adultes et 17 % des enfants sont en surpoids ou obèses. Si la prévalence du surpoids a chuté parmi les populations les plus favorisées socialement, elle a légèrement augmentée au sein des populations les plus fragiles. Ainsi, 1/4 des enfants dont les parents ont un diplôme inférieur au baccalauréat sont en surpoids. Alors qu’il ne sont que 10 % chez les enfants dont les parents ont un niveau de diplôme équivalent à la licence ou plus.

Pourquoi parler de ces chiffres ? Parce qu’ils sont le symbole de la société dans laquelle nous vivons. Si les inégalités font l’actualité, l’alimentation et la nutrition n’y échappent pas. Pour cette raison, le PNNS 2019-2023 compte bien frapper fort. Avec ses 5 Axes et ses 24 Objectifs, il compte mobiliser toutes les parties prenantes : les professionnels de santé, les entreprises agroalimentaires, les personnels de restauration et les communicants.

Les objectifs chiffrés du PNNS 4

En chiffres, voici ce que cela donne :

  • Réduire de 20 % la fréquence de surpoids et d’obésité chez les enfants et adolescents,
  • Stabiliser le surpoids des adultes et de réduire l’obésité de ces derniers de 15 %,
  • Réduire de 30 % le pourcentage des personnes âgées dénutries de plus de 80 ans.

Donc retroussons-nous les manches !

Il est indispensable d’accompagner les Français pour faciliter leurs choix alimentaires et d’inciter les acteurs économiques qui élaborent les aliments et les commercialisent à améliorer leurs recettes, à mettre à disposition de tous une information claire, facilement interprétable et transparente, à réduire la publicité pour des aliments dont la consommation devrait être limitée – Agnès Buzyn

Agnes_Buzyn_PNNS4
Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé

Les objectifs du PNNS 4 qui impactent directement vos stratégies marketing & communication

Parmi les nombreux objectifs fixés par le PNNS, nous avons sélectionné ceux qui vous impacterons probablement le plus.

Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments

Il s’agit du point de départ de toute amélioration. En optimisant la qualité nutritionnelle des aliments, on s’assure de diffuser au plus grand nombre une alimentation de qualité. Et ainsi de participer à la réduction des inégalités sociales. De fait, le PNNS recommande :

  • La réduction des quantités de sel, sucres, acides gras saturés, acides gras trans d’origine industrielle et des lipides totaux.
  • L’augmentation des quantités de fibres, acides gras oméga 3, mais aussi la part de fruits & légumes, de légumineuses et de fruits à coque.

Sur ce point, le PNNS incite au renouvellement des engagements volontaires d’amélioration nutritionnelle, et ce dès 2020 pour les filières les plus contributrices en sucres, gras et sel. Le sel est particulièrement pointé du doigt puisque le PNNS 4 entend réduire la consommation de sel des Français de 30 % d’ici 2025. La filière pain sera donc sollicitée dès cette année pour amorcer le chantier. Pour mesurer l’impact de cette démarche d’amélioration nutritionnelle massive, le Ministère des Solidarités et de la Santé compte se baser sur les données Oqali, puis de faire une évaluation d’ici 3 ans.

Enfin, le PNNS 4  s’engage également à mieux comprendre les aliments ultra-transformés. En effet, l’étude Nutri-Net avait démontré un lien entre leur consommation régulière et l’apparition de maladies chroniques. Il s’agira donc de caractériser officiellement ce qu’est un aliment ultra-transformé et de dresser un état des lieux du rôle des additifs dans notre santé.

Mieux manger en restauration collective

Là encore, la restauration collective a un rôle essentiel dans la réduction des inégalités sociale. En effet, 3,5 Mds de repas sont servis chaque jour en France, à des populations allant de la crèche aux EHPAD. Ainsi, le PNNS recommande ici de :

  • Diffuser les nouvelles recommandations alimentaires publiées par l’Anses en janvier 2017. Et donc d’appliquer les fréquences de consommation recommandées pour les différentes famille d’aliments, notamment les « nouvelles familles » telles que les légumineuses.
  • Adapter le Nutri-Score à la restauration collective, pour aider les convives à réaliser les bons choix alimentaires. Aujourd’hui le Nutri-Score n’est obligatoire qu’en communication grand public et il est facultatif (mais déjà bien répandu) sur les packagings. Demain, l’objectif est de le retrouver dans les restaurants universitaires ou les cantines scolaires. Au préalable, une étude de faisabilité sera réalisée en conditions réelles.
  • Dans la même idée, un choix dirigé sera mis en place dans les restaurants des établissements secondaires. Celui-ci consistera à informer sur les valeurs nutritionnelles et à proposer des alternatives.

Réduire la pression marketing

Ici, l’objectif est de réduire l’exposition des enfants & adolescents au marketing alimentaire, pour des produits dont la consommation ne fait pas partie des objectifs de santé. Autrement dit, les produits trop gras / sucrés / salés. Pour ce faire, la directive européenne sur les services de médias audiovisuels sera appliquée en France au plus tard en septembre 2020. Pour le moment, son application reste assez abstraite, si ce n’est le fil conducteur suivant : ne pas sous-entendre d’effets positifs pour la santé pour des aliments ayant un mauvais profil nutritionnel.

Mieux manger en situation de précarité alimentaire

Le PNNS 4 entend favoriser une alimentation de qualité pour les populations les plus fragiles. Pour cela, la politique à venir s’adressera particulièrement aux enfants grâce à une offre de petits-déjeuners à l’école, des tarifs sociaux pour les cantines et la généralisation du Programme Malin, programme d’accès à l’alimentation infantile. Un volet d’action s’intéressera également à la formation et l’accompagnement des travailleurs sociaux (en fournissant des outils PNNS par exemple) ainsi qu’à l’amélioration de l’information nutritionnelle dans le milieu pénitentiaire.

Promouvoir et développer le Nutri-Score

En plus d’une application en restauration collective, le Nutri-Score devrait être déployé sur les denrées en vrac non préemballées, comme des céréales. Il devrait aussi poursuivre son implantation en France et à l’international. Serait-ce un cheminement vers un Nutri-Score obligatoire ? En tout cas, cela y ressemble fort.

Une démarche sera lancée auprès de la Commission européenne et de nos partenaires afin de rendre le Nutri-Score obligatoire – Axe 2, objectif 6 (page 37).

Promouvoir les nouvelles recommandations nutritionnelles du PNNS 4

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Les nouvelles recommandations nutritionnelles du PNNS 4

Les nouvelles recommandations nutritionnelles (fréquence et portion des familles d’aliments) seront disponibles dès 2019 pour la population adulte, puis à partir de 2021 pour les populations spécifiques. Par ailleurs, les messages sanitaires que nous connaissons bien (Manger 5 fruits et légumes par jour etc) seront renouvelés mais révisés :

  • d’une part pour correspondre aux nouvelles recommandations nutritionnelles
  • d’autre part pour maximiser leur impact dans la mesure où le HCSP a émis un avis en ce sens en août 2018.

Enfin, parlons du logo PNNS. Cette marque vise à harmoniser les communications et à limiter les messages contradictoires autour de la nutrition. Ce logo sera donc toujours d’actualité, ainsi que les chartes « Villes actives du PNNS », « Départements actifs du PNNS », « Établissements actifs du PNNS », et « entreprises actives du PNNS ».

Pour plus d’informations à venir, notre équipe participera au séminaire national des formateurs et formatrices PNNS le 21 novembre prochain. A la suite de ce rendez-vous, nous ne manquerons pas de vous en dire plus. Si d’ici là vous avez des questions, contactez-nous, nous nous ferons un plaisir de vous répondre.

Cet article a été écrit par Agathe Vettier, Directrice Média & Influence. Merci à elle !

A propos de l'auteur

Agathe Vettier

Agathe Vettier

Directrice média & influence, les tendances et la conception de contenus sont ses meilleurs amis. -
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