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Alzheimer, Parkinson… La nutrition peut-elle prévenir les maladies neurodégénératives ?

Publié le 23 février 2021

Regards d'expert

A date, il n’existe aucun traitement curatif des maladies neurodégénératives. A visée uniquement symptomatique, ils portent essentiellement sur les troubles cognitifs à court terme, sans enrayer la progression de la maladie. Alors, avec le vieillissement progressif de la population, il devient prioritaire d’agir. Et c’est là que la nutrition prend tout son sens. A la fois en prévention, mais aussi pour en ralentir les dommages.

Pourquoi est-il prioritaire d’éveiller les consciences ? Et d’agir en faveur de la transition nutritionnelle ?

En France, environ 1 million de personnes vivrait avec la maladie d’Alzheimer. Environ 24 000 sont touchées avant 65 ans et la maladie atteint 2 fois plus les femmes. Environ 160 000 personnes sont traitées pour la maladie de Parkinson et 100 000 pour la sclérose en plaques [1]. Pour ne citer que les pathologies les plus connues.

L’âge est le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. En 2060, un tiers de la population française sera âgée de plus de 60 ans [2] donc on imagine bien l’incidence si rien n’est fait. Au-delà de l’âge, les facteurs de risque cardiovasculaires – en particulier l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie et l’obésité – jouent également un rôle majeur. Et il s’agit de maladies à implication nutritionnelle…

Au-delà du coût humain, les conséquences économiques sont également lourdes : la maladie d’Alzheimer pèserait chaque année 5,3 milliards d’euros. Et 1,3 milliard d’euros pour la maladie de Parkinson [3].

La nutrition, un levier central dans la prévention des maladies neurodégénératives

En l’absence de traitement curatif, Santé Publique France recommande une stratégie thérapeutique favorisant les traitements non médicamenteux, intégrant à part entière la nutrition.

En parallèle, différentes études rapportent des résultats très encourageants sur le rôle de l’alimentation pour faire reculer les signes ou réduire l’évolution d’Alzheimer, et plus globalement des maladies cognitives :

  • Modifier la consommation d’acides aminés d’un individu[4]
  • Mettre en place un régime cétogène (voie très étudiée notamment pour les troubles du spectre autistique) ou le régime MIND, qui mélange les régimes méditerranéen et DASH (approche diététique contre l’hypertension) [5]
  • Agir sur son microbiote, qui serait impliqué dans l’inflammation cérébrale de la maladie d’Alzheimer et la gravité des symptômes parkinsoniens [6]

Nous n’en sommes qu’aux prémices… Donc la prévention reste notre meilleur outil !

Tous acteurs dans ce combat : sensibiliser, éduquer et former !

On y revient toujours mais l’information est la clé de la prévention. Tant que la nutrition ne sera pas intégrée au programme scolaire du jeune public, les professionnels de santé resteront les mieux placés pour toucher efficacement le grand public. Pour relayer et donner du poids aux messages.

Dédramatiser le sujet et mettre l’accent sur les solutions préventives

Être atteint d’une maladie neurodégénérative n’est pas une honte et ne doit plus être un tabou. En parler est un premier pas vers la prévention. En 2018, France Alhzeimer avait abordé la perte de mémoire d’une façon drôle et humaine, en « donnant la parole » à un patient et son fils aidant.

alzheimer et nutrition
Une communication sans tabou pour France Alzheimer

Et si on prenait la parole sur la 1ère brique : la prévention ?

Imaginons que demain, en consultation, un médecin puisse dire à son patient : « Allez, dites-moi comment vous mangez, je vais vous dire comment ça va finir » !

S’appuyer sur les prescripteurs de santé, pierre angulaire de la transition nutritionnelle

La santé, dans le cursus de formation des prescripteurs, est abordée sous l’angle du traitement. Alors que la prévention est au moins aussi importante. L’enjeu d’enseigner le rôle de la nutrition ? Leur donner les clés pour mettre en œuvre les bonnes stratégies nutritionnelles, dès les premiers signes d’alerte.

D’ici là, laboratoires pharmaceutiques, mutuelles, industriels de la nutrition-santé, institutions publiques… – soit tout l’écosystème de la santé – doivent endosser ce rôle.

Et les vecteurs sont nombreux :

  • Les congrès médicaux
  • Les stages de formation
  • Les webinaires
  • Les plateformes de formation online
  • Les sites web et app de santé
  • Les outils à remettre en consultation

Il ne s’agit pas de devenir expert en nutrition mais de connaître les bases pour transmettre les bons messages !

Comment s’adresser directement au grand public ?

S’adresser aux salariés

Il n’est pas simple d’aborder ce type de sujets directement auprès des consommateurs. Une clé d’entrée intéressante est l’entreprise. Nous y passons une grande partie de notre temps, nous y déjeunons, nous y partagerons des connaissances. Donc, il s’agit d’une mission majeure des entreprises pour préserver la santé de ses collaborateurs. Une mission qui s’intègre parfaitement dans le cadre de la Qualité de Vie au Travail (coporate wellness). Exemples :

  • Des ateliers sur la construction des repas, chez soi ou sur le lieu de travail, avec des horaires décalés…
  • Une conférence sur le lien entre alimentation, hygiène de vie et maladies neurodégénératives
  • Un coaching diététique à distance pour bénéficier de conseils
  • Une brochure avec des recettes et des conseils associés

Ancrer les messages de prévention

Là encore, les possibilités sont nombreuses. Il ne s’agit pas forcément de mettre l’accent sur la maladie mais de donner les clés d’une alimentation préventive, d’aborder les bases de la nutrition, son lien avec la santé. D’ancrer les messages dans un coin de son cerveau, des messages qu’on ne doit pas oublier…

Nous avons bien conscience que la prévention a un coût… Mais nous avons bien vu que la prise en charge l’est tout autant et ne va pas aller en s’améliorant si rien ne bouge. La prévention n’est pas (assez) prise en charge par notre système de santé mais les mutations en cours devraient nous y mener. Il s’agit aussi de se mettre dans une nouvelle posture, posture de plus en adoptée en ce qui concerne l’oncologie ou les maladies chroniques. Tous les acteurs ont un rôle à jouer. Pas seulement les laboratoires pharmaceutiques. Les acteurs de la nutraceutique, ceux du food, à l’instar de Nestlé via Nestlé Health Science… Et toutes les entreprises qui souhaitent agir auprès de leurs collaborateurs.

Si vous souhaitez creuser ce sujet, amorcer une réflexion ou mettre en place des actions, sautez le pas en contactant Louise, qui se fera un plaisir de discuter de votre projet.

Et si la prévention est une thématique d’intérêt pour vous, sachez que nous y avons dédié toute une tendance dans notre dernier Carnet des Tendances 🤓

carnet des tendances
Carnet des Tendances nutrition-santé 2020-2022

[1] Santé Publique France, 2019. Maladies neurodégénératives. Disponible sur internet : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-neurodegeneratives [consulté le 01/12/20]

[2] Insee

[3] Inserm, 2019. Maladies dégénératives, quand le cerveau perd la tête. Disponible sur internet : https://www.inserm.fr/information-en-sante/magazine-scienceetsante/inserm-magazine-ndeg42 [consulté le 01/12/20]

[4] Cell Metabolism, Le Douce J., 2020. Impairment of Glycolysis-Derived l-Serine Production in Astrocytes Contributes to Cognitive Deficits in Alzheimer’s Disease.

[5] PubMed, 2015. MIND diet associated with reduced incidence of Alzheimer’s disease. Disponible sur internet : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25681666/ [consulté le 02/12/20]

[6] Inserm, 2016. Microbiote intestinal (flore intestinale). Disponible sur internet : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/microbiote-intestinal-flore-intestinale [consulté le 02/12/20]

A propos de l'auteur

Gwendaline

Directrice du pôle santé, elle est notre mentor des stratégies de communication 360.
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